Théâtre des Nabots

Théâtre de marionnettes monté par Mme Forain au début du 19e siècle.

Biographie

En 1904, Mme Forain (épouse du peintre Forain, peintre et sculpteur elle-même), rencontre sur les bords d'une route près de Deauville, une voiture de saltimbanques versée dans un fossé. Un article paru dans Lectures pour tous de 1906 indique qu'il s'agissait d'"une famille de marionnettistes (...) [de] l'artistocratie de la marionnette depuis l'époque de Louis XIV : de père en fils, les membres de cette famille se transmettaient les secrets de leur art" ; d'après Jacques Chesnais, il s'agissait des Horward. La troupe étant réduite à la misère, Mme Forain rassemble les débris du petit théâtre, organise une représentation à leur bénéfice, et adopte la famille de marionnettistes et leurs marionnettes, qu'elle ramène à Paris, dans son hôtel de la rue Spontini (16e adt).
Cette rencontre donne à Mme Forain l'envie de construire sa propre troupe de marionnettes.
On installe alors un atelier dans les sous-sols de l'hôtel de la rue Spontini. Des ouvriers dégrossissent les blocs de tilleul, sculptent les bras et les mains. Mme Forain crée des maquettes des têtes et des corps, sur lesquelles elle réalise des moulages en plâtre servant de modèle pour l'exécution en bois. Cheveux et barbes sont en cheveux et poils véritables.Des amies de la bonne société viennent prêter main forte pour les costumes en soie, satin, brocart et mousseline : Mesdames de Lépine, Iscovesco, Caran d'Ache etc. Faute de savoir coudre, la princesse de B.... aurait offert son collier de perle à l'une des marionnettes.
Le Théâtre des Nabots comptait environ 80 marionnettes, principalement sculptées par Mme Forain : danseuses, princesses, jongleuse, grotesques etc. L'une des têtes serait de Degas (collection Jacques Chesnais). Ces marionnettes ont joué pour les enfants de la bonne société parisienne La Belle au bois dormant, et plusieurs numéros à l'occasion des loteries de l'OEuvre de Mère Gigogne, oeuvre de bienfaisance organisée par Mme Forain en faveur des familles pauvres.
Dans les coulisses, une dizaine de chanteurs et chanteuses prêtaient leur voix aux marionnettes, une douzaine de personnes les manipulaient. Certaines des marionnettes du Théâtre des Nabots, rachetées par Jacques Chesnais, étaient montées sur des contrôles "Horward" : il est vraisemblable que des marionnettistes de cette famille les aient manipulés.

Objets

Images


Théâtre des Nabots


Présentation

Type : compagnie / collectif

Date de création : 1904

Dates : à partir de 1904

Période : 20e siècle - 1er quart

Localisation : Paris (France)

Type(s) de marionnette(s) utilisé(s) : marionnette à fils

En savoir plus

Voir aussi (événements) : La Belle au bois dormant, par le Théâtre des Nabots, Loterie de Mère Gigogne

Voir aussi (identités) : Théâtre Horward, Jeanne BOSC, épouse FORAIN

Références

Sources : "Têtes de bois et coeurs d'or, un théâtre de marionnettes", in Lectures pour tous, juin 1906, 8e année, 9e livraison, p. 829-832. Programme du Théâtre des Nabots pour la Loterie gratuite de Mère Gigogne du Théâtre des Nabots de Mme Forain, avec des gravures de Forain, Weiluc, Abel Truchet, Bagnolet, etc. LECLERCQ, Paul, "Théâtre des Nabots, les marionnettes de Madame Forain", [article ? plaquette ?] collectée par Jacques Chesnais, s.d., collection particulière Marion Chesnais.

Référence notice : Théâtre des Nabots

Mise à jour : 02/04/2015


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