Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes

Lieu-compagnie de création, de recherches artistiques et culturelles autour des Arts de la marionnette, Pôle des Arts de la marionnette en région Picardie et un Lieu compagnonnage marionnette.

Biographie

Le projet du Tas de Sable - Ches Panses Vertes est né plus de quinze ans avant son existence concrète (2008) et officielle en 2009, sous l'impulsion de la compagnie Ches Panses Vertes et à la force de sa volonté.
Son nom vient d'une habitude née sur la tournée du spectacle Dieu est absent des champs de bataille (1990). La scénographie de ce spectacle nécessitait une tonne et demi de sable. Pour charger le camion, en tournée, les techniciens et interprètes se disaient : "Rendez-vous au Tas de Sable ! " Le nom est resté et a été donné au projet de structure puis à la structure. Ce nom aussi parce que le tas de sable est une structure souple et mouvante et pourtant solide ... et qu'il raconte l'importance du collectif.
« Parce que le Tas de Sable est symbole de la multitude, du temps, de purification. Facile à pénétrer et plastique, il épouse les formes qui se moulent en lui : à cet égard, il est symbole de matrice. Le plaisir qu'on éprouve à marcher sur le sable, à s'étendre sur lui, à s'enfoncer dans sa masse souple, c'est comme une recherche de repos, de sécurité, de régénération. »
À l'origine, il avait pour objectif de répondre à une problématique de lieu. Un lieu qui permette de créer - les spectacles de la compagnie Ches Panses Vertes mais aussi d'autres compagnies : lieu de répétition, atelier de construction, espace de stockage, bureaux. Un lieu qui serait également dédié aux formations et aux expérimentations, ainsi qu'aux croisements pluridisciplinaires.

Sylvie Baillon présente ainsi ses intentions en 1997 : « Le Tas de Sable pose la question de la place de l'artiste dans la société et du regard que celle ci pose sur le monde artistique. Il s'agit de défendre une certaine éthique du théâtre et de reconsidérer le monde artistique comme un monde de travail, malgré les tentations démiurgiques de certains.(...) Bien plus qu'un coproducteur, le Tas de Sable se considère davantage comme un accompagnateur, un passeur : nous proposons un lieu, un soutien technique et administratif et surtout une écoute et un regard.(...) Le travail artistique nécessite que l'on puisse se poser un moment, réfléchir sur soi et sur sa discipline. Or les rares moments de présence sur un plateau sont souvent vécus comme une récompense et non pas comme une condition normale. (...) Nous voulons faire un endroit où l'on puisse avoir le temps et la possibilité que les différentes disciplines artistiques puissent se pratiquer par les uns et les autres (la danse par les comédiens, la manipulation par les danseurs, etc...) et en cela, c'est totalement dans la continuité du travail de la compagnie. Un endroit où des travaux peuvent se confronter pour bousculer les habitudes. »
Trois axes structurent alors le projet :
- Un lieu de formation : transmettre, veiller à faire des passerelles entre le monde professionnel, le monde amateur et le monde scolaire
- Un atelier de fabrication, une cellule de maquette : « fabriquer » entre différentes disciplines et proposer une alternative à la logique habituelle de production, à savoir un accompagnement dans la formalisation du projet : un lieu de résidence, de conseil et d'écoute, un soutien administratif, une occasion de montrer une partie du travail, une maquette, lien entre la formalisation et le produit fini.
- Des résonances nationales, des mises en réseau : partager les projets, les faire circuler entre structures homologues ou complémentaires, créer la rencontre.

« En attendant les murs », sans réels moyens, au gré de partenariats et de solutions ponctuelles, la compagnie Ches Panses Vertes réussit tout de même à faire exister l'esprit de ce projet à travers des actions de formation, d'accompagnement de projets amateurs ou professionnels et d'ateliers interdisciplinaires, de laboratoires de recherche menés sur différents sites - à la Maison du Théâtre d'Amiens, ou plus épisodiquement à la Maison de la Culture d'Amiens.
Le Tas de Sable se construit ainsi autour des projets initiés par Sylvie Baillon : ceux de la compagnie Ches Panses Vertes, mais aussi depuis 2004, ceux de l'association Marionnettes en Chemins. Au fil des ans, le constat reste toutefois le même : l'absence d'équipement est un frein au développement du projet. Le lieu est une ressource essentielle à un travail de long terme, mené dans des conditions professionnelles.

Une réunion avec ses collectivités tutelles en date du 28 septembre 2001 est marquante en ce qu'elle entérine la volonté de signer une convention quadripartite et surtout d'y inclure le Tas de Sable comme étant le projet artistique de la compagnie. Depuis lors, la compagnie a « officiellement » pour mission de trouver un lieu pour y mettre en place le Tas de Sable - une démarche qu'elle a entamé déjà depuis 1998 mais sans succès.
L'année 2007 marque une étape dans l'évolution du Tas de Sable, devenu le projet d'implantation d'un Pôle des Arts de la Marionnette en région Picardie. Cette année est notamment marquée par l'inscription du Tas de Sable par l'Etat et la Région dans la Convention de Développement Culturel signée conjointement le 6 juillet 2008. La compagnie Ches Panses Vertes et l'association Marionnettes en Chemins, toutes deux porteuses du Tas de Sable, ont par ailleurs travaillé à la redéfinition du projet suivant trois grands axes : la production, la programmation et la transmission.
À l'issue de réunions de travail menées conjointement avec le Conseil Régional de Picardie et la Direction Régionale des Affaires Culturelles, le Conseil Général de la Somme et Amiens Métropole, il est envisagé, pour parer à l'urgence en termes de locaux, la possibilité d'une implantation dans un lieu provisoire avant une localisation définitive. La compagnie Ches Panses Vertes et l'association Marionnettes en Chemins procèdent donc à une recherche de locaux adaptés, en vue d'une implantation au début de l'année 2008. Au terme de cette recherche, un local de type industriel situé route d'Allonville, à Rivery, pouvant permettre une installation rapide et en cohérence avec une préfiguration du Tas de Sable, est identifié. Un bail est signé le 5 mars 2008.
La première partie des travaux, réalisée en 2008, transforme ce local industriel de plus 1000m2 en espace de travail et de recherches artistiques avec un espace de travail de 200m2 et un atelier de construction proche du plateau. L'espace de répétition a été équipé d'un plancher et aménagé pour accueillir des équipes artistiques. Le lieu dispose également d'un espace de stockage et d'une cuisine aménagée, lieu de vie pour les équipes artistiques qui viennent y travailler ou les stagiaires qui viennent s'y former.
Au 1er juillet 2009 (avec effet rétroactif au 1er janvier 2009), lors d'une Assemblée Générale Extraordinaire, les associations « Les Amis de Ches Panses Vertes » et « Marionnettes en Chemins » fusionnent pour fonder Le Tas de Sable - Ches Panses Vertes. Il est reconnu par le Conseil régional de Picardie comme Pôle des Arts de la marionnette en région Picardie et par le Ministère de la Culture et de la Communication comme un des quatre Lieux compagnonnage marionnette créés en 2009 et missionnés, comme leur nom l'indique, au titre du compagnonnage marionnette. Le 21 décembre 2009 l'ensemble des partenaires se réunissent pour signer la convention d'objectifs triennale du Tas de Sable - Ches Panses Vertes, Pôle des Arts de la marionnette en région Picardie, Lieu compagnonnage marionnette.

Lieu-compagnie de création, de recherches artistiques et culturelles autour des Arts de la marionnette, le Tas de Sable - Ches Panses Vertes développe ses projets au service des artistes et des publics, suivant quatre grands axes : production, compagnonnage, programmation et transmission. Dirigé par Sylvie Baillon et Eric Goulouzelle, il accueille des équipes artistiques en résidence et accompagne de jeunes artistes. C'est aussi un lieu de formations, ouvertes à différents publics. Organisant des temps forts marionnettiques, notamment le festival biennal Marionnettes en Chemins, le Pôle propose, outre une programmation sur tout le territoire picard, des ateliers de pratique et des échanges entre artistes et publics. En partenariat avec divers réseaux, la structure oeuvre à une meilleure (re)connaissance des Arts de la marionnette.
« Le Tas de Sable est un outil nécessaire aux métiers des arts de la scène et de la marionnette, au niveau local, régional et national, parce qu'il développe la formation initiale et professionnelle, la recherche, la connaissance des autres pratiques, le travail avec différents publics, les échanges pour une meilleure diffusion des spectacles et une qualité plus grande. C'est aussi un outil utile aux politiques et au milieu enseignant, comme centre de ressources et opérateur culturel ; il s'adresse aux professionnels, aux amateurs et aux différents publics. Compagnonnage pourrait être le maître - mot de cette structure : des artistes, mais aussi des politiques culturelles et de la population, pour être au plus près des envies des uns et des autres sans imposer de modèle, parce qu'une compagnie - ici Ches Panses Vertes - sait qu'il faut accompagner avec le regard, par l'exigence et la légèreté.» Sylvie Baillon.

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