Gaston Baty

Figure majeure du renouveau de la scène française dans l’entre deux-guerres, le lyonnais Gaston Baty (1885-1952) rencontre à ses débuts Firmin Gémier et signe rapidement des spectacles. Il rejoint en 1921 une société d’auteurs contemporains dont il ne tardera pas à prendre la direction, formant les Compagnons de la Chimère (mars 1922), puis sa propre compagnie (Cie Gaston Baty) présentant des mises en scène au Studio des Champs-Élysées, dont il devient le directeur en 1924.

Metteur en scène et théoricien du théâtre, il crée la Société des Spectacles qui lui permet de publier ses cahiers d’art dramatique, Masques. Grâce au Cartel et à ses créations, les années 1930-1940 représentent une période de consécration pour le travail de Gaston Baty. En 1930, il prend la direction du Théâtre Montparnasse jusqu’en 1942, qu’il confie à l’actrice Marguerite Jamois.

A partir de cette passation, il se consacre aux marionnettes, dont la passion l’habite depuis son enfance en pays lyonnais : sa vocation est inspirée par les Crèches et le Théâtre Joly. En 1942, Gaston Baty crée la Compagnie des Marionnettes à la française et s’applique à reconstruire l’histoire de cet art, à revisiter son répertoire ainsi qu’à détailler ses techniques de manipulation (la gaine et le fils essentiellement). Il faut un répertoire aux marionnettes, Gaston Baty s’emploie donc à réunir les textes et à en écrire de nouveau. Il a d’ailleurs choisi une marionnette à gaine, en quelque sorte cousin de Guignol : Jean-François Billembois, compagnon menuisier symbole de l’artisanat parisien.

Au cours d’un voyage en Allemagne, il rencontre Max Reinhardt (voir sur wikipédia) et découvre le Faust de Georg Fuchs au Künstlertheater. Ce spectacle aura une influence décisive sur lui : il proposera pour Faust, une mise en scène avec des acteurs (1937) et une autre pour marionnettes (1949), intégrant la tradition du Puppenspiel de Faust. Dans la tradition allemande, les montreurs gardaient le bouffon Hans Wurst (Jean la saucisse) et le dragon volant, mêlant tragédie métaphysique, grotesque et merveilleux. En 1949, Alain Recoing manipulait Faust, Maurice Garrel (voir sur wikipédia), le bouffon et Claude-André Messin, Méphistophélès. Un succès.

S’adressant aux acteurs ou aux marionnettistes, l’homme de théâtre concevait la mise en scène comme la maîtrise des agencements du spectacle dans son ensemble : non seulement le texte, mais la scénographie, la musique, les éclairages, l’interprétation et la manipulation.

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Un article est consacré à Gaston Baty dans le numéro 51 de Manip.