Le Retable de l’avarice, de la luxure et de la mort, par la compagnie Ches Panses Vertes

Découvrant Ramon Del Valle Inclan dans le cadre d’une série d’émissions sur l’écriture pour les marionnettes, et sensible à sa langue, Sylvie Baillon décide de monter des textes de cet auteur espagnol. Elle choisit L’ensorcelé écrit en 1913 au moment des Comédies Barbares, ainsi que Sacrilège et La rose de papier deux pièces brèves écrites en 1927 et réunies dans Le retable de l’avarice, de la luxure et de la mort. Ces deux dernières pièces, situées entre le récit et le théâtre sont caractéristiques de l’« esperpento », un genre littéraire qu’il invente comme dépassement du modernisme et conception moderne de la tragédie. L’ « esperpento », « épouvantail », désigne une déformation grotesque de la réalité et des êtres ; toute difformité morale ou physique, personne ou chose extravagante, déraisonnable, avec ce que cela implique de capricieux et d’arbitraire. Cette écriture carnassière, sans concession, sans complaisance mais gardant en même temps, au fond, une grande compassion pour l’humanité, dénuée de tout cynisme a intéressé Sylvie Baillon. Et ce d’autant plus que cette écriture où le psychologique est absent se prête absolument au théâtre de figure. Il y a en cela quelque chose d’expiatoire, une dimension sacrée qui rejoint la recherche menée par la compagnie autour des rites et de l’archaïsme. Et qui l’a mené à travailler sur les personnages par l’ «épouvantail », objet, plastiquement proche des marionnettes, dont la double fonction est d’effrayer et de protéger, d’effrayer pour protéger. Mettre en scène ce carnaval avec comédiens, épouvantails et marionnettes était ressenti comme urgence par Sylvie Baillon, frappée des similitudes de la société espagnole décrite par Valle Inclan – une société qui ne respecte plus son contrat social – avec la nôtre « où l’humanitaire tient lieu de diplomatie et la charité de justice sociale ».

Ce spectacle s’inscrit dans le cadre du cycle de fin d’études de la formation professionnelle continue de l’ENSAM, Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières, suivie par Sylvie Baillon. Pour cette création, l’équipe de base de la compagnie Ches Panses Vertes s’est ouverte à d’autres collaborateurs.

Sacrilège
Chef de groupe de bandits, Frasquito a été fait prisonnier par ceux ci qui le soupçonnent de les avoir trahit. Il demande deux faveurs avant son exécution : coucher avec sa femme et se confesser. Un des geôliers se présente comme curé et Fransquito se confesse. Le capitaine des bandits l’abat parce que « s’il ne lui avait pas fermé le clapet, il nous remuait les tripes ce cochon ! »

L’ensorcelé
Miguel, fils de Pedro Bolano, assassiné dans des circonstances peu claires serait le père de l’enfant de Rosa Galans. Mais cet enfant ressemble fort au fils d’Anxelo, l’amant de Rosa Galans. La pièce présente la lutte entre la cupidité de Rosa Galans et l’avarice de Pedro Bolano qui veut garder l’enfant, même en sachant qu’il n’est pas son petit fils, tout en refusant le moindre dédommagement à la mère. En enlevant le bébé à la mère, le serviteur de Pedro Bolano est blessé et l’enfant tué.

La Rose de Papier
Simeon Julepe est forgeron, orphéoniste, barbier des morts et alcoolique. Sa femme, au moment de mourir, lui révèle qu’elle a caché un trésor dans la maison. Pendant qu’il va chercher le curé, elle cache ses économies dans le grenier. Quand Simeon rentre, il accuse deux voisines venues juger de l’état d’avancement de l’agonie de la grabataire, d’avoir volé le trésor. Sa femme trépasse. Les commères préparent le corps mais elles se font battre par Simeon. Fasciné par le spectacle et la beauté de ce cadavre préparé, il pleure et trébuche, mettant feu au cercueil.

Le Retable de l’avarice, de la luxure et de la mort, par la compagnie Ches Panses Vertes


Présentation

Date de création : 1995

Dates : 05/04/1995

Période : 20e siècle - 4e quart

Type : spectacle

Localisation : France

Type(s) de marionnette(s) utilisé(s) : pantin (Ches Panses Vertes)

Mots clefs : épouvantail, esperpento

Exploitation

Spectacle créé du 05 au 12/04/1995 à la Maison de la Culture d'Amiens. 1995 : Maison de la Culture d'Amiens, Le Channel, Scène Nationale de Calais.

Organisateur : Compagnie Ches Panses Vertes

Fabrication : GOULOUZELLE, Eric

Mise en scène : BAILLON, Sylvie [mise en scène] ; RECOING, Alain [conseil artistique]

Musique : SAUR, Etienne

Interprètes : BAILLON, Georges ; CORBILLON, Marie-Dolorès ; GOULOUZELLE, Eric ; RECOING David ; RODRIGUEZ-JORDA, Philippe ; STEPANOFF, Sabine ; THOMAS, Valérie

Public : adulte

Langue : français

Voir aussi (identités) : Compagnie Ches Panses Vertes, Sylvie BAILLON, Éric GOULOUZELLE, Georges BAILLON, Yvan LOMBARD, Etienne SAUR, Alain RECOING, Philippe RODRIGUEZ-JORDA, École Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette (ESNAM)

Références

Référence notice : Le Retable de l'avarice, de la luxure et de la mort (Compagnie Ches Panses Vertes)

Mise à jour : 28/09/2011


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