La Scie patriotique, par la compagnie Ches Panses Vertes

Après avoir travaillé sur des textes dramatiques pour plusieurs comédiens, marionnettistes et musiciens, pour sa onzième mise en scène au sein de la compagnie Ches Panses Vertes, Sylvie Baillon a eu envie de renouer avec une petite forme regroupant un ou deux acteurs, des marionnettes et un texte non dramatique. Dans son travail, elle a senti la nécessité de faire le point sur la relation entre marionnette et récit, entre ces deux composantes et l’image et pour ce faire a choisi d’adapter La scie patriotique de Nicole Caligaris. En faire une pièce pour acteur, figures et danse buto.
C’est la force de la langue et l’histoire de ce récit allégorique qui lui ont plu. Le rapport au concret des phénomènes qui y existe. Et une ambiance qui rappelait quelque chose : la guerre 14/18 – abordée dans Dieu est absent des champs de bataille – et la Picardie. Le talent du texte est de raconter toutes les guerres. Celles du 20e siècle sûrement, en Europe. Entre guerre de 1914/1918 et guerre du Kosovo. Comme histoire collective, elles se ressemblent toutes. De raconter la guerre : son lot de souffrances physiques, morales ; ses absentes ; son absurdité intrinsèque. Paroxysme de la bêtise humaine. Le patriotisme méchant. Les chants qui le construisent.
Le roman de Nicole Caligaris raconte l’épopée d’une compagnie de soldats, dans une guerre non datée (du 20e siècle) dans un pays non situé (mais en Europe) qui cherche la bataille alors que tout est en ruine autour d’eux et qu’ils n’ont pas de relations avec le commandement. Las d’attendre, ils cherchent la bataille…Mais ils ne la trouveront pas.
Concentrée sur trois personnages qui n’ont plus ni énergie, ni but, l’adaptation scénique du texte a inspiré un type de marionnettes posées, prises et disposées plutôt que manipulées – la non manipulation véhiculant en fait quelque chose de très violent. Les marionnettes sont faites en papier collé, une technique qui permet à la fois de créer une sensation de peau flétrie et de reproduire une sonorité proche de de celle du craquement des os. L’interprétation passe tour à tour de l’unique acteur, Eric Goulouzelle, portant seul le texte, à une danseuse buto, Delphine Sauvage, incarnant le rapport charnel et physique de la guerre ainsi que par des projections de diapositives. La scénographie est faite de matériaux primaires, la lumière est crue, la musique issue de chants patriotiques et de caserne.

La Scie patriotique, par la compagnie Ches Panses Vertes


Présentation

Date de création : 2000

Dates : créé le 25 janvier 2000

Période : 21e siècle - 1er quart

Type : spectacle

Localisation : France

Type(s) de marionnette(s) utilisé(s) : marionnette à prise directe

Mots clefs : adaptation, danse butoh, écriture contemporaine, guerre, sable

Exploitation

Spectacle créé le 25/01/2000 à la Maison des Arts et Loisirs de Laon (France). 2000-2002 : Festival Off d'Avignon 2000 (La Luna) ; Festival mondial des Théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières 2000 ; tournée régionale ; Théâtre de la Marionnette à Paris - Le Chaudron 2001 ; Pologne ; Allemagne.

Organisateur : Compagnie Ches Panses Vertes

Fabrication : LARVOR, Céline

Mise en scène : BAILLON, Sylvie [mise en scène] ; WILHEM, Jean-Louis [dramaturgie] ; RODRIGUEZ-JORDA, Philippe [conseil artistique]

Musique : SAUR, Etienne

Interprètes : GOULOUZELLE, Eric ; SAUVAGE, Delphine

Public : adulte

Langue : français

En savoir plus

Voir aussi (événements) : Dieu est absent des champs de bataille, par la compagnie Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes.

Voir aussi (identités) : Compagnie Ches Panses Vertes, Sylvie BAILLON, Éric GOULOUZELLE, Georges BAILLON, Yvan LOMBARD, Etienne SAUR, Philippe RODRIGUEZ-JORDA

Références

Référence notice : La Scie patriotique (Compagnie Ches Panses Vertes)

Mise à jour : 19/07/2013


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