Avis de Messe Marionnettique, par la compagnie Contre Ciel.

Avis de Messe Marionnettique est un drame burlesque pour marionnette d’après des écrits d’Antonin Artaud.
Les fragments qui composent le texte du spectacle sont de la période dite du retour à Paris d’Artaud (les deux dernières années de sa vie, de 1946 à 1948). Rescapé des famines qui ont tuées 40 000 personnes dans les asiles d’aliénés pendant la guerre et d’une cinquantaine d’électrochocs, Artaud écrit sur plus de quatre cents cahiers d’écolier ses derniers textes.
Le titre du spectacle est également emprunté à l’un de ces écrits : « Avis de messe » est dans les états préparatoires l’un des titres de Pour en finir avec le jugement de dieu, l’émission qu’Antonin Artaud enregistra en novembre 1947 pour la Radiodiffusion française. L’émission fût interdite avant d’être diffusée le 6 mars 1974 sur France-Culture.
L’état de fragments du texte favorise une dramaturgie séquentielle proche du montage cinématographique. Le texte se présente comme un soliloque tressé de multiples voix intérieures. Il est ponctué d’adresses véhémentes à la société et de dialogues avec un médecin imaginaire. La figure fantasmée et marionnettique du Docteur joue le rôle de clown blanc, de gendarme pour guignol.
Luc Laporte et Lea Ros manipulent des marionnettes qui ont à la fois les traits d’Artaud en pyjama d’aliéné et son visage transfiguré par la folie et la torture des électrochocs. Ses représentations mentales s’incarnent dans d’étranges effigies, conçues par Aline Bordereau. Les marionnettes sont autant de doubles d’Artaud, de monstres singuliers. Ici la marionnette n’est pas dans une relation mimétique au texte, il y a une autonomie entre ce qui est dit et les actions scéniques.
L’espace scénique est un castelet – table de manipulation : une paillasse métallique, avec double évier, robinet et égouttoir. L’endroit tient à la fois de la cellule psychiatrique, du lieu d’écriture et de vie. Les deux mondes sont reliés verticalement par un ascenseur d’où surgit le Docteur et où l’on emporte le malade pour des séances d’électrochocs.
La scénographie, dans ses contraintes spatiales, évoque l’oppression et l’enfermement, auquel, selon Artaud, le corps humain est soumis dans le carcan de son anatomie. Simultanément elle rend compte de la liberté absolue et infinie de la pensée du poète.
Le musicien (sampler, guitare, voix) entrelace en temps réel le texte enregistré aux soliloques, dialogues et apostrophes des acteurs, dans un univers sonore inquiétant.

Avis de Messe Marionnettique, par la compagnie Contre Ciel.


Présentation

Date de création : 2010

Dates : créé au Local Belleville du 12 au 21 février 2010

Période : 21e siècle - 1er quart

Type : spectacle

Type(s) de marionnette(s) utilisé(s) : bunraku, marionnette à prise directe

Mots clefs : folie, musique en direct

Exploitation

Organisateur : compagnie Contre Ciel

Fabrication : MA FU LIANG [marionnettes] ; BORDEREAU, Aline [marionnettes] ; BOSC, Cyrille [décor]

Mise en scène : LAPORTE, Luc

Musique : COSTA, Fred

Interprètes : LAPORTE, Luc ; COSTA, Fred ; ROS, Léa ; BOISSE, Marc Henri [voix]

Public : à partir de 14 ans

Voir aussi (identités) : compagnie Contre Ciel, Luc LAPORTE, Aline Bordereau

Références

Référence notice : Avis de Messe Marionnettique (cie Contre Ciel)

Mise à jour : 03/04/2015


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