Le répertoire du wayang golek

Le répertoire du wayang golek est varié. Le plus fréquent est le répertoire « purwa » tiré des mythes indiens du Mahâbhârata et du Râmâyana, et de mythes indonésiens (Babad Lokapala, Dewi Sri, Murwa Kala). Mais on trouve également des récits « historiques » (Panji, Damarwulan) ou originaires du Moyen-Orient (wayang dit “menak” relatant les exploits d’Amir Hamzah, oncle de Mahomet).

Les histoires (lakon) sont présentées sous forme d’épisodes des grands fonds d’histoire (Mahâbhârata, Râmâyana). Ces épisodes peuvent être directement issus de l’histoire originale (lakon dits galur ou pokok) ou dérivés, à plusieurs degrés (lakon carangan jusqu’à sempalan – les plus éloignés), selon la métaphore de l’arbre (du tronc aux brindilles les plus éloignées).

Le kayon ou (gu)gunungan représente symboliquement cette arborescence de récits.

Répertoire purwa

Mahâbhârata

Râmâyana

Le roi Dasarata du royaume d’Ayodya a trois épouses : Kosalya est la mère de Rama, Kekayi la mère de Bharata, et Sumitra a des jumeaux, Lakshmana et Satrugna. Les princes sont tous de valeureux guerriers, mais Rama est le plus apprécié de tous. Il est en réalité un avatar du dieu Vishnou. Un jour, il gagne la main de la princesse Sinta, fille du roi Janaka.

Alors que Dasarata se fait vieux, il souhaite passer la couronne à Rama, son fils aîné. Mais la reine Kekayi lui rappelle la promesse qu’il avait faite plusieurs années auparavant : son fils Bharata serait le roi. Malgré le refus de ce dernier, Rama le somme d’accepter cette responsabilité pour leur père et décide de s’exiler dans la forêt. Bharata décide de gouverner au nom de Rama, en attendant son retour.

Rama part donc vivre en exil dans la forêt avec son épouse Sinta et son jeune frère Lakshmana. Ils sont amenés à combattre de nombreux géants et participent ainsi à la protection des royaumes alentours. Un jour, la géante Sarpakanaka tombe amoureuse de Lakshmana qui refuse ses avances et en vient à devoir la repousser avec son épée qui lui blesse le nez. Terriblement vexée, Sarpakanaka va se plaindre auprès de son frère, le puissant roi d’Alengka, le géant Rahwana. Elle lui vante la beauté de Sinta, espérant le pousser à l’action contre Rama et Lakshmana. Et de fait, Rahwana est amoureux de Sinta. Il invente un subterfuge pour attirer Rama et Lakshmana loin de Sinta qu’il enlèvedans les airs. Il se confronte à Jatayu, l’aigle magique (fils de Garuda), qui tente de sauver Sinta. Malheureusement, Jatayu est défait et ne peut que donner le nom de Rahwana à Rama avant de mourir. Rama et Lakshmana se mettent donc en route vers Alengka pour sauver Sinta. En chemin, ils rencontrent Sugriwa, en guerre contre son frère Subali pour la couronne du royaume de Kiskindha. Rama aidant Sugriwa, celui-ci est victorieux et met à sa disposition l’armée des singes commandée par Hanuman.

Aidé par l’armée des singes, Rama construit une digue reliant le continent à l’île d’Alengka. Puis il envoie Hanuman comme ambassadeur pour rassurer Sinta et pour tenter une dernière fois de ramener Rahwana à la raison. Mais le géant refuse de rendre sa prisonnière. De plus, il condamne Hanuman au bûcher. Celui-ci s’échappe et enflamme la capitale d’Alengka. La guerre est déclarée et l’armée de Rama marche sur Alengka. Agacé par les conseils sages de son jeune frère Gunawan Wibiksana qui ne cesse de l’exhorter à restituer Sinta à Rama et ainsi éviter une guerre qui ne peut apporter que la ruine et la défaite, Rahwana le chasse. Gunawan Wibiksana se range alors du côté de Rama, qui estime ses connaissances et ses conseils avisés. Rahwana perd au combat tous ses parents un à un, à commencer par son fils Indrajit, tué par Lakshmana, puis sa sœur Sarpakanaka et enfin son frère le sage Kumbakarna, qui s’oppose à Rama dans le seul but de protéger son pays et malgré son désaccord avec Rahwana. Enfin, Rahwana est acculé et tué. Le royaume d’Alengka échoit à Gunawan Wibiksana. Cependant, Rama demande à Sinta de prouver qu’elle n’a pas été souillée par Rahwana et celle-ci se jette dans le feu qui l’épargne, prouvant sa fidélité et sa pureté. Rama peut enfin rentrer à Ayodya avec son frère et son épouse. Bharata lui remet la couronne du royaume et Hanuman reste à son service.

Le wayang s’arrête là. Dans la version indienne, la population du royaume d’Ayodya ne parvient pas à accepter que Sinta ait pu rester « pure » tout le temps de sa détention et Rama se sent obligé de la chasser alors qu’elle est enceinte de plusieurs mois. Dans l’ermitage du sage Walmiki, Sinta donne naissance aux jumeaux Kusa et Lava et leur enseigne l’histoire de leur père, qu’ils chanteront quelques années plus tard lors d’une grande cérémonie au royaume d’Ayodya. Emu, Rama reconnaîtra alors Sinta qui déclare que si elle est restée pure la terre l’avalera, ce qui se produit instantanément. Rama, blessé, cesse d’être l’incarnation de Vishnou et mourra quelques années plus tard.

Sources 

  • Le Ramayana aurait été écrit en sanskrit entre le IIIe siècle avant et le IIIe siècle après JC. Il est attribué à l’ermite légendaire Valmiki, ce qui lui vaut l’appellation de « premier poète ». Avec le Mahabharata, c’est un texte fondamental de l’hindouisme et de la mythologie hindoue.
  • La version indonésienne (javanaise) la plus célèbre est un poème écrit vers 870 en ancien javanais : Kakawin Ramayana
  • Traduction complexe/complète en français : Le Râmâyana de Vâlmîki, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1999.

 

Babad Lokapala

Dewi Sri

Murwa Kala

Récits historiques

Cycle de Panji

Damarwulan

Répertoire menak

Cycle Amir Hamzah

 

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